Asile-immigration: la droite à l'attaque pour durcir le projet de loi, débat électrique

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Désireux de préempter ce thème face au discours du FN, les députés LR ont commencé à donner fortement de la voix contre le projet de loi “asile-immigration”, particulièrement ses premiers articles sur l’intégration des réfugiés, examinés mardi soir dans une atmosphère souvent électrique.

Sur cette “petite loi de petits ajustements techniques” qui “ne permettra pas à la France de sortir du chaos migratoire”, selon lui, Guillaume Larrivé a taxé les élus de la majorité d'”immigrationnistes”. Eric Ciotti ou Fabien di Filippo ont demandé plusieurs fois au gouvernement s’il y a parallèlement “un plan dissimulé pour régulariser 30 à 40.000 étrangers en situation irrégulière”.

LR cible notamment les premiers articles, “catastrophiques” selon leur président de groupe Christian Jacob, qui visent à faciliter le séjour de ceux ayant obtenu une protection internationale.

L’article 1er, adopté dans la soirée avant l’amorce du suivant, permet un titre de séjour valable quatre ans maximum, au lieu d’un an actuellement, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire et apatrides mais aussi aux conjoints, partenaires d’union civile ou concubins.

A l’inverse des “marcheurs” satisfaits d’une “réelle avancée” même si quelques-uns comme Jean-Michel Clément l’auraient souhaité “plus généreuse”, ou de la gauche de la gauche qui a évoqué “un petit îlot d’humanité au milieu d’un océan de cruauté” selon la formule de Danièle Obono (LFI), les LR, mais aussi des FN, ont fustigé “un appel d’air”, rendant notre “modèle” de “plus en plus attractif”.

Les LR ont bondi lorsque le ministre de l’Intérieur a dénoncé la “confusion dans les esprits” LR avec “un affichage qui vise à faire peur aux Français”, ou du “sectarisme” d’Eric Ciotti, Sébastien Huyghe taxant alors Gérard Collomb d'”accusateur public”.

Indignation aussi quand le chef de file LREM sur le texte, Florent Boudié, a lancé : “Les LR sont-ils devenus d’extrême droite ? Nous avons ce soir la réponse. Vous êtes à l’unisson idéologique”. “Dès qu’il n’y a pas la pensée unique qui tombe du sommet, on est d’extrême droite”, a riposté Eric Ciotti, Sébastien Huyghe jugeant que “les orientations anciennes collent à la peau de ceux issus de la gauche” parmi les macronistes.

Les FN, Gilbert Collard en tête, ont refusé d’être qualifiés “d’extrême droite”.

Obligée d’intervenir plusieurs fois, la présidente de séance, Annie Genevard (LR), a glissé : “si les esprits s’échauffent dès maintenant, je ne sais pas comment nous terminerons”.

Les LR, mais aussi FN, ont tenté vainement de supprimer l’extension de l’octroi du titre subsidiaire au concubin, récusant les objections juridiques du ministre et de la rapporteure Elise Fajgeles.

Aux LR, qui critiquaient le concept “évanescent” de concubinage, Ugo Bernalicis (LFI) a répliqué qu’il pouvait “prouver qu’il y a concubinage entre droite et extrême droite”, Elsa Faucillon qu'”à force de haine de l’autre, on finit par mettre en danger les droits de toutes et tous”.

Les trois groupes de gauche (PS, LFI, PCF) ont tenté, sans succès, d’élargir les droits notamment pour les conjoints de réfugiés avec protection internationale.

Dans la même veine, une portion de la majorité emmenée par Jean-Michel Clément a poussé plusieurs amendements, soutenu par la gauche, voire certains UAI.

Contre l’avis du gouvernement et de la rapporteure voulant “conjuguer l’objectif d’humanité et protéger le droit d’asile en évitant qu’il ne soit dévoyé”, 14 LREM -dont Delphine Bagarry ou Martine Wonner-, et 11 MoDem -dont le chef de file Marc Fesneau ou Erwann Balanant- ont ainsi tenté vainement d’élargir l’octroi d’un titre de séjour à tous les conjoints et partenaires des bénéficiaires d’une protection internationale, pas seulement à ceux dont le mariage ou l’union a été célébrée après le dépôt de la demande et depuis au moins un an.

– “Fin du concubinage” chez LREM –

Pierre-Henri Dumont (LR) a ironisé sur cette “fin de concubinage” dans la majorité exposant certains à devenir “auto-entrepreneurs”, allusion à la menace voilée du président LREM Richard Ferrand aux contestataires.

Au-delà de la réforme de l’asile, les Républicains, qui ne voteront pas le projet de loi, ont déposé moult amendements pour instaurer “des plafonds d’immigration”, conditionner l’accès aux prestations sociales “à plusieurs années de travail légal”, supprimer l’aide médicale d’Etat, expulser les étrangers fichés pour radicalisation, etc.

Sur l’immigration, objet mercredi d’une convention du parti de Laurent Wauquiez, les divergences internes s’effacent, vu les propositions mardi du mouvement de Valérie Pécresse (durcissement des conditions de regroupement familial, réforme du droit du sol, etc).

Absents en commission, les sept députés FN se sont mobilisés dans l’hémicycle sur un de leurs thèmes fondamentaux.

Signataire d’une cinquantaine d’amendements, Marine Le Pen a présenté lundi “un contre-projet” pour “une politique alternative d’immigration” : préférence nationale dans l’accès à l’emploi, suppression de “tous les dispositifs incitatifs à l’immigration”, “zéro régularisation”, etc.

Nicolas Dupont-Aignan (DLF), qui n’a pas déposé un seul amendement sur les 1.056 en discussion d’ici à la fin de semaine, a proposé mardi de recourir au “référendum d’initiative partagée”.



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