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Conséquences neurobiologiques de la consommation de cannabis chez les adolescents

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Crédit: CC0 Public Domain

Environ un adolescent canadien sur cinq consomme du cannabis (19% des Canadiens âgés de 15 à 19 ans) et sa légalisation récente à travers le pays justifie une enquête sur les conséquences de cet usage pour le développement du cerveau. L'adolescence est associée à la maturation des fonctions cognitives telles que la mémoire de travail, la prise de décision et le contrôle de l'impulsivité. Il s'agit d'une période extrêmement vulnérable pour le développement du cerveau car elle représente une période critique au cours de laquelle une connexion régulatrice est établie entre les régions du cortex d'ordre supérieur et les circuits de traitement des émotions plus profonds à l'intérieur du cerveau. C’est une période de remodelage en profondeur qui rend les adolescents extrêmement vulnérables aux troubles du développement liés à la drogue. Les recherches présentées par les neuroscientifiques canadiennes Patricia Conrod, Steven Laviolette, Iris Balodis et Jibran Khokhar au Congrès canadien sur les neurosciences tenu en 2019 à Toronto le 25 mai ont présenté les récentes découvertes sur les effets du cannabis sur le cerveau des adolescents.

Patricia Conrod, de l’Université de Montréal, a étudié les variations annuelles de l’alcool et des consommation de cannabis et la fonction cognitive dans un échantillon d'adolescents composé de 5% de l'ensemble des élèves entrant au lycée en 2012 et 2013 dans la région métropolitaine de Montréal (3 826 élèves en 7e année). Les étudiants ont été évalués chaque année pendant 4 ans sur leur consommation d'alcool et de cannabis, et leur fonction cognitive a été évaluée à l'aide de tests cognitifs informatisés. Les chercheurs ont découvert que la consommation de substances psychoactives était liée à un fonctionnement cognitif faible, ce qui pourrait indiquer une vulnérabilité commune sous-jacente. La consommation de cannabis était liée à une altération de la mémoire de travail et à un contrôle inhibiteur, nécessaires au contrôle de soi. La consommation de cannabis était également liée à des déficits de mémorisation et de raisonnement perceptuel. La consommation d'alcool n'était pas liée à une altération de ces fonctions cognitives, ce qui suggère que le cannabis pourrait avoir des effets à plus long terme que l'alcool.

Plus récemment, l'équipe du Dr Conrod a analysé la différence de réponse entre le sexe et le cannabis dans le même échantillon d'adolescents. Les données préliminaires indiquent que la consommation de cannabis avait un effet plus marqué sur les fonctions de mémoire des garçons que des filles. Les deux sexes ont toutefois été touchés de la même manière par le cannabis sous contrôle inhibiteur. Ces résultats aident à identifier les groupes de jeunes à risque et à les cibler pour une intervention et une information précoces.

Le Dr Steven Laviolette a présenté des recherches sur les effets de la composante psychoactive principale du cannabis, le delta-9-tétrahydrocannabinol ou THC, chez l'adolescent. cerveau, chez des modèles animaux rongeurs. Son équipe a démontré que l'exposition des adolescents au THC induisait des modifications spécifiques dans une région du cerveau appelée cortex préfrontal (PFC) et dans un circuit cérébral, la voie mésolimbique, qui ressemblait beaucoup aux anomalies observées dans la schizophrénie. En outre, l'exposition au THC chez les adolescents a également provoqué des anomalies affectives et cognitives, notamment des déficits dans les interactions sociales, le traitement de la mémoire et la régulation de l'anxiété.

Fait intéressant, l’équipe du Dr Laviolette a découvert que l’administration de médicaments rétablissant le fonctionnement normal des PFC au début de l’âge adulte pourrait inverser les effets de l’exposition au THC chez les adolescents. Ils ont également démontré que la co-administration de THC avec des médicaments empêchant la perturbation induite par le THC des voies de signalisation cérébrales empêchait l'apparition d'effets analogues à la schizophrénie. Ces résultats offrent des pistes sur les moyens de prévenir ou d’inverser les anomalies de signalisation du cerveau induites par le THC chez les adolescents.

La Dre Iris Balodis, de l'Université McMaster, étudie les mécanismes qui motivent les individus à agir et à prendre des décisions qui peuvent aller à l'encontre de l'intérêt supérieur d'une personne, comme chez les personnes souffrant de toxicomanie. Pour comparer le processus décisionnel chez les individus souffrant de dépendance au cannabis (également appelé trouble de l'usage du cannabis) à des témoins sains, le Dr Balodis a utilisé un test décisionnel basé sur l'effort, qui explore le degré d'effort que chaque individu est prêt à faire pour recevoir un traitement donné. récompense. Les participants ont le choix entre une tâche facile ou une tâche difficile dans laquelle ils peuvent gagner diverses sommes d'argent (par exemple, appuyer sur un levier d'un chiffre dans un certain délai). Au cours de l'administration de ce test, la Dre Balodis et son équipe ont examiné les différences d'activité dans différentes régions du cerveau par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Les premières conclusions suggèrent qu'il existe des différences dans la valeur de la récompense (argent reçu) et du coût de l'effort (quantité de travail effectué) chez les individus dépendants du cannabis par rapport aux témoins sains. Celles-ci ont été révélées par des différences d'activation de régions spécifiques du cerveau reconnues comme étant importantes pour la motivation. Cette information pourrait être essentielle pour déterminer les facteurs de vulnérabilité liés à la dépendance au cannabis.

La consommation de cannabis chez les adolescents est associée à des changements de comportement liés à la récompense et à la motivation chez l'homme. Paradoxalement, il a été suggéré que cette utilisation augmenterait la motivation pour l’utilisation d’autres drogues (hypothèse de la passerelle) et un "syndrome d’amotivation" potentiel dans lequel les individus seraient moins disposés à faire des efforts pour recevoir une récompense. On ignore si la consommation de cannabis chez les adolescents provoque l'une ou l'autre de ces réactions ou si la consommation de cannabis est plutôt le symptôme d'un état préexistant qui entraîne ces comportements. Afin de mieux comprendre les effets à long terme de l'exposition au cannabis sur le cerveau chez les adolescents, le Dr Jibran Khokhar, de l'Université de Guelph, a étudié les effets de l'exposition au THC chez les rats adolescents sur leur comportement à l'âge adulte. Dans cette étude, l’exposition des adolescents au THC a eu un impact différent sur l’apprentissage instrumental (diminution de l’appui au levier) et pavlovien (suivi accru des signes). Ces rats ont également montré des différences dans d'autres comportements liés à la récompense. Ces changements de comportement ont été accompagnés par des changements dans la connexion entre les différentes régions du cerveau, y compris celles impliquées dans le codage de la récompense et de la motivation. Ces résultats suggèrent que l'exposition du cannabis chez les rats chez le rat peut produire des modifications durables des circuits cérébraux susceptibles de contribuer aux changements de comportement observés après une exposition au cannabis.

Pris ensemble, les résultats de recherche présentés dans ce symposium aident à décrypter les liens entre la consommation de cannabis et les changements cérébraux durables, qui sous-tendent les changements de comportement chez les humains adolescents, et dans des études inversant la traduction de ces résultats en modèles animaux. Les recherches chez l'homme montrent que la consommation de cannabis chez les adolescents est très répandue et associée à des défauts de la mémoire de travail, de la maîtrise de soi et de la motivation. Des résultats similaires ont été obtenus dans des études sur des animaux, grâce auxquelles les chercheurs ont également pu tester des thérapies pouvant inverser les effets de la consommation de cannabis chez les adolescents à l'âge adulte. Ces découvertes fournissent des éléments clés pour prévenir et traiter l’effet à long terme de adolescent consommation de cannabis.


La consommation de cannabis chez les adolescents n'est pas sans risque pour le développement cognitif


Fourni par
Association canadienne des neurosciences

Citation:
                                                 Grandir haut: conséquences neurobiologiques de la consommation de cannabis chez les adolescents (26 mai 2019)
                                                 récupéré le 26 mai 2019
                                                 de https://medicalxpress.com/news/2019-05-high-neurobiological-consequences-adolescent-cannabis.html

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