M. von der Leyen, candidat à l’UE, est sceptique devant le Parlement européen et l’Europe

STRASBOURG, FRANCE (AFP) – Une intense opération politique de deux semaines visant à séduire les législateurs européens assez longtemps pour que le ministre allemand de la Défense, Ursula von der Leyen, occupe le premier poste à Bruxelles?

La conservatrice, âgée de 60 ans, remplacera Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne si elle obtient la majorité à l’Assemblée de Strasbourg.

Si elle échoue – et Le vote secret de mardi pourrait être serré – alors l’Europe sera confrontée à un été de querelles institutionnelles entre le parlement et les 28 dirigeants européens.

Et si sa victoire n’est obtenue que grâce à des membres eurosceptiques, sa position sera affaiblie avant même qu’elle ne devienne la première femme dirigeante de la commission en novembre.

Elle a eu à peine deux semaines pour plaider sa cause depuis que les dirigeants l’ont proclamée candidate après un sommet de trois jours chargé, écartant les candidats soutenus par le Parlement.

Mais von der Leyen a répondu par une série de promesses écrites aux principaux blocs de centre-droit, socialistes et libéraux, dans l’espoir qu’elle obtienne les 374 voix nécessaires.

Et elle a annoncé lundi 15 juillet qu’elle démissionnerait du gouvernement allemand d’Angela Merkel cette semaine, quoi qu’il se passe pendant le vote, soulignant ses ambitions européennes.

Les trois principaux groupes traditionnels devraient la soutenir, mais les Verts et l’extrême gauche ne le feront pas, et le vote est un vote à bulletin secret qui pourrait contenir des surprises.

"Ce sera un petit" oui ", a prédit une source européenne bien placée. "Elle sera élue avec moins de voix que Juncker il y a cinq ans."

L’ancien Premier ministre luxembourgeois a reçu 422 avenants, et rien de moins de 400 serait considéré comme décevant pour le ministre des Anciens Combattants et mère de sept enfants.

Le vote doit débuter mardi à l’Assemblée de Strasbourg, à 18 heures (heure de Singapour à minuit), et le résultat devrait être annoncé environ une heure et demie à deux heures plus tard.

Il sera vivement suivi dans les institutions de Bruxelles et dans les 28 capitales européennes.

Le nouveau président de la Commission européenne devrait prendre le pouvoir le 1er novembre, immédiatement après la dernière échéance fixée pour le départ de la Grande-Bretagne du bloc.

Il ou elle devra gérer les conséquences du Brexit, l’Italie esquivant ses objectifs de dette et les efforts déployés par la Pologne et la Hongrie pour faire fi des règles de démocratie libérale prescrites par l’UE.

Pour cela, le président de la commission aura besoin d’une majorité fiable à Strasbourg, mais les élections de mai ont créé un parlement européen plus fragmenté que jamais.

Commerce de chevaux frénétique

Dans le même temps, les groupes politiques paneuropéens qui se sont réunis après le vote sont frustrés par la manière dont la candidature de von der Leyen leur a été imposée.

En vertu du traité UE, le président de la commission est nommé par les dirigeants des États membres, le cas échéant à la majorité qualifiée.

Mais beaucoup au Parlement et dans les institutions européennes de Bruxelles ont demandé aux 28 chefs de gouvernement de choisir l’un des principaux candidats des groupes parlementaires.

Au lieu de cela, ils ont écarté ces noms et – après d’intenses négociations à huis clos – ont choisi de faire appel à von der Leyen.

Le président français, Emmanuel Macron, avait insisté sur la prérogative des dirigeants. L’Allemande Angela Merkel était heureuse de trouver le rôle d’un allié.

Le groupe le plus important, le parti populaire européen (PPE) conservateur de Merkel, l’aidera, même si son chef parlementaire, Manfred Weber, a été mis à l’écart.

Mais les 182 voix du centre-droit ne suffiront pas à elles seules, et le S & D socialiste à 154 membres et les 108 libéraux de Renew Europe ne sont pas convaincus.

Les Verts, quant à eux, disent qu’elle n’obtiendra pas leurs 74 voix et que le parti de gauche, GUE / NGL, refusera également leurs 41 votes.

L’extrême droite Identity and Democracy, qui regroupe la Ligue italienne, le Rassemblement national français et l’AFD allemande, affirme qu’il est "peu probable" de soutenir l’allié de Merkel.

Ce qui laisse l’ECR eurosceptique de droite, affaibli par la perte de nombreux conservateurs britanniques mais encore fort de 62, principalement grâce au parti polonais au pouvoir, le PiS.

L’ECR a promis d’être "pragmatique" et les responsables concernés admettent que ses membres pourraient être hostiles à une intégration plus étroite de l’UE qui ferait passer von von Leyen au-dessus de ses moyens.

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