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Le Soudan annule la loi sur le maintien de l’ordre moral et dissout l’ancien parti au pouvoir, Africa News & Top Stories

LE CAIRE (AP, AFP) – Le gouvernement de transition soudanais a annoncé vendredi 29 novembre qu’il renversait une loi sur le maintien de l’ordre moral et décidait de dissoudre l’ancien parti au pouvoir, répondant ainsi aux deux principales exigences des manifestants pro-démocrates du pays.

Des groupes de défense des droits de l’homme affirment que la loi sur l’ordre public cible les femmes et est un vestige de la règle des trois décennies du président renversé Omar al-Bashir.

"Cette loi est notoirement utilisée pour être un outil d’exploitation, d’humiliation et de violation des droits", a déclaré le Premier ministre Abdallah Hamdok sur Twitter, faisant référence à la loi annulée. "Je rends hommage aux femmes et aux jeunes de mon pays qui ont enduré les atrocités qui ont résulté de l’application de cette loi."

La loi sur l’ordre public a été adoptée pour la première fois en 1992 par le gouvernement islamiste d’al-Bashir et n’est appliquée que dans la capitale, Khartoum, avant d’être appliquée dans tout le pays quatre ans plus tard.

La loi inspirée par la syariah a criminalisé un large éventail de comportements individuels, notamment la révélation de vêtements et la consommation d’alcool. Les personnes reconnues coupables de violation de la loi pourraient faire face à des peines de prison, des amendes, des flagellations et la confiscation de biens.

Pendant des décennies, les défenseurs des droits de l’homme ont rejeté la loi et affirmé que son langage vague donnait à la police et aux juges une marge de manœuvre pour poursuivre les femmes, qui ont ensuite joué un rôle crucial dans les manifestations de masse qui ont abouti au renversement d’Al-Bashir en avril.

Le conseil souverain et le cabinet du Soudan ont annoncé les deux décisions après une réunion de 14 heures qui s’est terminée peu après minuit jeudi.

La loi visant à démanteler le parti du Congrès national d’al-Bashir confisquerait également tous les avoirs et les fonds de l’ancien parti au pouvoir.

Le conseil souverain est né d’un accord de partage du pouvoir entre les généraux au pouvoir et les manifestants exigeant un changement politique radical. En vertu de l’accord, le conseil et le Cabinet dirigé par des civils se partagent les pouvoirs législatifs jusqu’à la formation d’un nouveau Parlement.

Des groupes pro-démocrates du pays ont également tenu de nouvelles manifestations réclamant le démantèlement de l’ancien parti au pouvoir et l’exclusion de tous ses restants des différentes institutions de l’État.

Le Premier ministre Hamdok a tweeté que le projet de loi visant à démanteler le parti d’al-Bashir n’était pas le résultat d’une "quête de vengeance, mais plutôt à préserver et à restaurer la dignité de notre peuple qui s’est lassé de l’injustice des mains du PCN, qui a pillé empêché le développement de cette grande nation ".

Le ministre soudanais de la Justice, Nasr-Eddin Abdul-Bari, a annoncé que la loi adoptée par le gouvernement intérimaire vendredi transférerait tous les actifs et les fonds du parti d’al-Bashir au trésor public.

"Grâce à cette loi, nous pourrons récupérer une grande quantité de fonds prélevés dans le trésor public afin de créer des institutions agissant en parallèle", a-t-il déclaré.

L’Association des professionnels soudanais, qui a dirigé le soulèvement contre Al-Bashir, a salué cette initiative comme "une étape importante" vers la création d’un État civil et démocratique au Soudan.

Al-Bashir a été arrêté après son renversement en avril et est actuellement en procès pour des accusations de la corruption et blanchiment d’argent.

Le Parti du Congrès national a condamné vendredi le nouveau "gouvernement illégal" soudanais pour avoir ordonné sa fermeture, accusant les autorités de tenter de confisquer ses biens et ses avoirs pour faire face à la crise économique que le nouveau gouvernement n’a pas abordées.

"S’en remettre aux actifs du parti, s’il en existe, n’est rien de plus qu’un scandale moral, un acte de faillite intellectuelle et un échec total de la part du gouvernement illégal", a déclaré le PCN sur sa page Facebook. "Le parti n’est pas gêné par aucune loi ou décision émise à son encontre car le PCN est un parti fort et ses idées l’emporteront."

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