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La France rend hommage à 13 soldats tués au Mali lors d’une catastrophe provoquée par un hélicoptère, Europe Actualités et grands reportages

PARIS (AFP) – Des centaines de personnes se sont réunies à Paris lundi 2 décembre pour rendre hommage à 13 soldats tués alors qu’ils combattaient des insurgés au Mali, en prévision d’une cérémonie nationale de deuil d’un désastre qui a provoqué un examen approfondi du coût de l’opération. campagne annuelle en Afrique de l’Ouest.

Des applaudissements sporadiques ponctuaient un silence sombre alors qu’un cortège portant les cercueils traversait le pont Alexandre III en direction de l’hôpital militaire et du musée des Invalides.

Les soldats sont morts lorsque deux hélicoptères sont entrés en collision lundi dernier alors qu’ils poursuivaient des militants dans le nord du Mali, où la violence militante s’est intensifiée ces derniers mois.

Il s’agit de la plus grosse perte d’un jour pour l’armée française en près de quatre décennies et soulève de nouvelles questions sur l’efficacité de l’opération française Barkhane, qui compte 4 500 membres, au Mali et dans quatre autres pays du Sahel.

Margot Louvet, 23 ans, est venue de la procession à Gap, dans le sud-est de la France, vêtue d’un t-shirt avec le portrait officiel de l’un des soldats tués, son ami Antoine Serre, 22 ans.

"C’était une perle, la plus gentille et la plus généreuse", a-t-elle déclaré à l’AFP. "Être ici est une façon de le pleurer et de se rendre compte qu’il ne reviendra pas."

Le président Emmanuel Macron devait diriger la commémoration cet après-midi et attribuer la Légion d’Honneur aux soldats tombés au combat.

Quelque 2 500 personnes sont attendues. La cérémonie sera également retransmise sur un écran géant installé devant les Invalides.

"C’est un honneur d’être ici", a déclaré Emmanuelle Pujol, 54 ans, sur le pont Alexandre III. "Il est important que les gens soient ici pour soutenir leurs camarades et leurs familles."

Les forces françaises au Mali sont chargées de former les forces de sécurité locales à affronter les militants, mais jusqu’à présent, elles ne sont malheureusement pas préparées malgré des années de promesses de financement et d’équipement plus importants au niveau international.

Quarante et un soldats français sont morts au Sahel au cours des six dernières années.

L’intervention a commencé en 2013, lorsque les insurgés ont balayé le nord du Mali et ont rapidement progressé avant d’être repoussés.

Malgré la présence de la France, les militants se sont regroupés pour mener des attaques meurtrières et la violence s’est étendue aux pays voisins.

Macron a déclaré que le gouvernement entamerait un examen approfondi de Barkhane à la suite de l’accident d’hélicoptère, en promettant que "toutes les options sont sur la table".

Il a également réitéré son appel aux alliés de l’UE pour qu’ils renforcent leur participation à l’opération en Afrique de l’Ouest après des années sans succès.

Seules les Britanniques ont fourni des hélicoptères et du personnel de sécurité, tandis que les États-Unis fournissent des informations sur les mouvements de militants dans une région de la taille de l’Europe occidentale.

Jusqu’à présent, seul le parti d’extrême gauche France Unbowed a ouvertement demandé que les troupes de Barkhane soient rapatriées.

Un sondage Ifop pour la lettre d’information de la Lettre de l’Expansion, publié lundi, a montré que 58% des personnes interrogées approuvent l’opération au Sahel, un niveau qui n’a guère changé par rapport à un sondage précédent réalisé en mars 2013.

La controverse a éclaté ce week-end après que l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo ait publié une série de dessins en ligne associant les décès de 13 soldats à la récente campagne de recrutement de l’armée.

Dans un dessin, Macron se tient devant un cercueil devant le slogan: "J’ai rejoint les rangs pour me démarquer de la foule."

Le chef d’état-major de l’armée française, le général Thierry Burkhard, a exprimé son "indignation" face aux caricatures, affirmant dans une lettre ouverte qu’ils souillaient la période de deuil des familles endeuillées.

L’éditeur du magazine, Laurent "Riss" Sourisseau, a défendu dimanche "l’esprit satirique" du magazine, tout en reconnaissant l’importance du travail de l’armée française et du sacrifice des soldats.

"Nous savons que leur mission est difficile et qu’ils ont affaire à des ennemis impitoyables", a-t-il écrit dans une réponse à Burkhard, vu par l’AFP.

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, assistera également à la cérémonie alors qu’il tente de désamorcer chez lui l’hostilité croissante à l’égard des forces françaises et autres forces étrangères participant à la lutte contre les militants islamistes.

Deux gendarmes maliens ont été abattus dimanche à Menaka, dans l’est du pays, a annoncé un responsable local.

Keita a exhorté samedi les Maliens à ne pas "se mordre les mains de ceux qui nous donnent les leurs aujourd’hui".

Depuis janvier, plus de 1 500 civils ont été tués lors des violences au Mali et au Burkina Faso et plus d’un million de personnes ont été déplacées à l’intérieur des cinq pays, a annoncé l’ONU ce mois-ci.

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