Poutine prêt pour des discussions à Paris sur le conflit en Ukraine, Actualité & Europe

PARIS (AFP) – Le leader russe Vladimir Poutine aura pour la première fois des entretiens officiels avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky sur le conflit dans l’est de l’Ukraine, lundi 9 décembre, lors d’un sommet très attendu à Paris.

Aucun accord de paix global n’est attendu de la réunion de l’après-midi – médiatisée par le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel – mais les diplomates espèrent que cet exercice contribuera à renforcer la confiance entre les deux hommes.

Des milliers de personnes ont été tuées et un million ont fui leurs foyers depuis que les milices pro-russes de l’est de l’Ukraine ont lancé leur candidature à l’indépendance en 2014 – déclenchant un conflit qui a approfondi l’éloignement de la Russie de l’Occident.

Les séparatistes ont pris le contrôle des régions de Donetsk et de Lougansk peu après L’annexion par la Russie de la Crimée, une péninsule ukrainienne.

Les diplomates ont souligné que la question de la Crimée – une saisie qui a donné un coup de pouce à Poutine mais a conduit à l’imposition de sanctions internationales – n’est pas sur la table lors du sommet.

Kiev a clairement exprimé sa détermination à ne jamais abandonner la péninsule, que la communauté internationale considère toujours comme faisant partie de l’Ukraine.

Le Kremlin a envoyé des signaux selon lesquels il était prêt à travailler avec Zelensky, que Poutine a décrit comme "sympathique" et "sincère".

Mais Poutine ne voudra pas non plus rentrer les mains vides et fera pression pour un assouplissement des sanctions.

«PROBLÈME DE CONFIANCE»

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré au groupe de presse Funke avant le sommet "nous devons faire tout ce que nous pouvons … pour faire avancer le processus de paix ukrainien", et a qualifié le conflit de "plaie purulente en Europe".

Maas a félicité Zelensky pour avoir "donné un nouvel élan" aux pourparlers, ajoutant que "pour progresser dans les prochaines étapes difficiles, la Russie doit également agir".

Les objectifs de la réunion de lundi incluent l’accord de dissoudre les milices illégales, le départ de combattants étrangers de Donetsk et de Lougansk et d’Ukraine pour reprendre le contrôle de sa frontière avec la Russie, selon une source présidentielle française.

"Il reste le problème de la confiance entre les parties. Il faut le créer avant de pouvoir avancer", a indiqué la source, qui a demandé à ne pas être nommée.

Il est également essentiel de convenir d’un calendrier des élections à Donetsk et à Lougansk en vertu de la loi ukrainienne, les deux régions bénéficiant d’un statut spécial – une idée connue sous le nom de formule Steinmeier.

"Si la réunion au sommet doit être significative, elle doit avoir un résultat, et le résultat devrait être en grande partie sur la formule Steinmeier", a déclaré Gerhard Mangott, professeur de relations internationales à l’Université d’Autriche à Innsbruck.

"Il reste à voir si l’Ukraine est prête à renoncer à certaines de ses conditions préalables à la mise en œuvre de la formule Steinmeier".

La réunion de lundi est le premier sommet de ce type en trois ans et vise à mettre en œuvre les accords signés à Minsk en 2015 qui prévoient le retrait des armes lourdes, le rétablissement du contrôle de Kiev sur ses frontières, une plus grande autonomie et la tenue d’élections locales.

La source présidentielle française a déclaré que ce n’étaient pas seulement les calculs stratégiques de Poutine qui avaient entravé la mise en œuvre des accords de Minsk mais aussi les "difficultés en Ukraine dues à l’opinion publique, aux divisions et aux blessures fondamentales causées par la guerre".

Le sommet est un événement extrêmement délicat pour toutes les personnes impliquées, mais en particulier pour Zelensky, qui est sous pression pour ne pas céder du terrain au Kremlin.

Pour Macron, le sommet est la pièce maîtresse d’une politique étrangère de plus en plus audacieuse qu’il mène malgré des problèmes dans son pays, où les travailleurs des transports sont en grève depuis des jours dans un différend sur les réformes des retraites.

Macron, qui a choqué les alliés de l’OTAN cette année en déclarant l’alliance cérébrale morte, a clairement exprimé sa conviction que l’Europe avait besoin d’un partenariat stratégique avec la Russie.

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